Quelle place pour les personnes transféminines et non binaires dans les organismes de lutte contre la violence conjugale adressés aux femmes ?
Mots-clés :
Violence conjugale, personnes transféminines, intersectionnalitéRésumé
Est-ce que les personnes transféminines et non binaires ont leur place dans les espaces réservés aux femmes ? Plus spécifiquement, est-il justifié de les inclure dans les organismes de lutte contre la violence conjugale ? Cette question soulève différents enjeux, mais également de fortes réactions. Si plusieurs de ces organismes s’opposent à cette mixité, d’autres assouplissent progressivement leurs critères d’éligibilité. De fait, les personnes trans rapportent avoir vécu près de deux fois plus de violence conjugale au cours de leur vie que les femmes cisgenres. Ainsi, le présent essai explore les façons dont les débats entourant la prise en compte des personnes transféminines et non binaires dans les espaces féminins influencent les pratiques des organismes de lutte contre la violence conjugale adressés aux femmes (LVCAF). À cette fin, les enjeux soulevés par cette question sont exposés plus en détail. Deuxièmement, les visions essentialistes et non-essentialistes qui tendent à justifier les critères de mixité ou de non-mixité sont soulevés. Troisièmement, un recours aux théories de transféminisme et de l’intersectionnalité est effectué afin de dépeindre diverses limites associées aux critères de non-mixité. Guidé par cette analyse, l’essai se conclut en présentant diverses pistes d’actions pour favoriser l’inclusion des personnes transféminines et non binaires au sein des organismes de LVCAF.