Les obstacles bureaucratiques à l’immigration au Québec: quelles sont les stratégies déployées par les personnes migrantes pour les contourner ?
Résumé
Il est possible de comparer le parcours des immigrantes québécoises et immigrants québécois à celui de combattantes et combattants. Par exemple, afin d’être sélectionnés par la province, les candidates et candidats du programme régulier des travailleuses et travailleurs qualifiés (PRTQ) doivent d’abord fournir une Déclaration d’Intérêt (DI), dans le portail en ligne Arrima. Par la suite, si ces dernières et derniers répondent aux besoins socio-économiques de la province, elles et ils seront invités à demander le Certificat de Sélection du Québec (CSQ), lequel est délivré par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) comme preuve de leur sélection pour s’installer au Québec. En vertu de l’Accord de 1991 avec le gouvernement fédéral, la province détient un droit de veto pour la sélection des immigrantes et immigrants, ce qui fait que l’obtention du CSQ est préalable à la demande de résidence permanente auprès du fédéral. Cet exemple montre que les candidates et candidats, qui désirent immigrer au Québec, se livrent à une multiplication des démarches administratives, ce qui contribue à rendre le processus migratoire long, coûteux et éprouvant. Malgré les obstacles bureaucratiques à l’immigration au Québec, des milliers d’entre eux et elles obtiennent leur résidence permanente, à chaque année. Cet essai tente alors de mettre de l’avant la capacité d’action des personnes migrantes afin de surmonter les difficultés administratives encourues dans leur projet d’immigration.