Handicap et arts : en finir avec une perpétuation de la violence
Mots-clés :
violences, arts handicapés, art brut, genre, crip, modèle socio-culturel du handicap, féminismeRésumé
Cette présente réflexion est le fruit de questionnements initiés et ébauchés à l’été 2020 à l’occasion de l’examen doctoral inscrit au sein de mon cursus au doctorat en communication à l’UQAM. Ici, les écrits de plusieurs auteur-rice-s des disability studies et des cultures crip (à la croisée des chemins entre genre et handicap) ont été associés au concept du « texte caché » (hidden transcript) de l’anthropologue James C. Scott. Cette imbrication a pour intention de réfléchir à une lecture des pratiques artistiques handicapées en rupture avec une tradition médicale du handicap. Embryonnaire, cette réflexion en cours pose néanmoins les bases d’une analyse qui dénonce le caractère violent des histoires occidentales inhérentes au handicap qui ont longtemps, à l’instar d’un art dit « brut », pathologisé les créateur-rice-s ainsi que les productions artistiques handicapées. En appliquant un modèle socio-culturel du handicap à nos analyses, il semble aujourd’hui possible, voire nécessaire, de décoloniser les pratiques artistiques handicapées des discours capacitistes et réclamer un héritage « incapacité » ayant longtemps été dissimulé.